LE PARDON

sa dimension occulte

Auteur : Serge O. Prokofieff

Éditeur : Triades

234 pages

Prix : 25,00 €

On voit aujourd'hui la volonté de réconciliation gagner du terrain jusque dans la vie internationale, en même temps que s'exprime le besoin de lutter contre l'oubli et d'éviter un exercice anarchique du pardon. Cet ouvrage tente de donner une assise solide à une réelle connaissance des forces morales et spirituelles en cause à travers sept cas exemplaires puisés à des sources aussi diverses que l'Allemagne nazie, la Russie des tsars et même la vie de Rudolf Steiner, et révèle la dimension ésotérique de tout acte authentique de pardon.

L'auteur

Né en Russie en 1954, Serge O. Prokofieff (petit-fils du compositeur de même nom) a étudié la peinture et l'histoire de l'art. Écrivain et conférencier, il s'est fait connaître par une intense activité de recherche dans le champ de l'anthroposophie de Rudolf Steiner.

 

Si l'on considère l'évolution de l'humanité aux temps modernes et notamment l'histoire du XX siècle, peut-être le plus tragique et le plus douloureux qu'elle ait connu depuis qu'elle est sur terre, on peut découvrir quelle place importante y occupe le problème de la " culpabilité ". Au cours de ce siècle, il n'a cessé d'être débattu sous toutes ses formes, depuis la " culpabilité " d'une personne à l'égard d'une autre jusqu'à la " culpabilité " d'un peuple à l'égard d'un autre. Dans la grande majorité des discussions qui eurent lieu sur ce thème, on a en général totalement oublié le pôle opposé à l'idée négative de " culpabilité ", à savoir l'idée positive de pardon. Cela tient en particulier au fait que le problème de culpabilité " ou d'" innocence " est, au premier chef, un problème juridique, alors que celui de " pardon " est un problème éthique. Or, à notre époque matérialiste et purement intellectualiste, l'humanité est bien plus attirée, tant dans la vie sociale que dans la conduite individuelle, par des principes juridiques abstraits que par des impulsions morales et spirituelles.Aussi les " commandements " ou les " lois " dictés du dehors à un homme ou à une communauté jouent- ils dans notre société un rôle bien plus important que nos propres intuitions morales qui, jaillissant du tréfonds de notre être, ont leur source à ce degré du développement individuel que Rudolf Steiner, dans sa Philosophie de la liberté, appelle " l'individualisme éthique ".

Or c'est de l'accès à ce degré de développement intérieur que dépend l'apparition dans l'humanité du second pôle, ce pôle positif que nous avons évoqué sous le nom de " pardon ". Cette polarité entre les concepts de " culpabilité " et de " pardon ", qui sont dans un constant rapport réciproque, est en même temps une sorte de " baromètre ", qui indique avec précision jusqu'à quel point une impulsion chrétienne concrète est à l'oeuvre dans notre civilisation. L'on peut dire aussi que nous avons là devant nous, en pleine clarté, le contraste qui oppose une forme de pensée uniquement fondée sur la " loi " ou les " commandements ", comme celle de l'Ancien Testament ou du légalisme romain, et les idéaux d'amour et de liberté qui sont ceux d'un christianisme à venir. Néanmoins, en dépit de toute l'évidence de cet état de choses, on peut constater avec une profonde tristesse que les forces intérieures du pardon sont fort peu développées dans l'âme de nos contemporains. Cela tient notamment au fait que le principe du " sermon " ou de " l'impératif moral ", que l'humanité a mis en pratique pendant des siècles, perd toujours plus de sa force à mesure qu'elle entre dans l'ère actuelle où se développe l'âme de conscience. Car celle-ci engendre nécessairement en l'homme le besoin irrésistible de ne pas simplement obéir aveuglément ou suivre passivement tel ou tel impératif moral imposé du dehors, mais de trouver, dans la connaissance des impulsions profondes de l'époque, la base et les forces qui permettront d'avoir avec soi-même et avec le monde des rapports libres, fondés sur une éthique individuelle.

Serge O. Prokofieff

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